Confinement : LETTRE AUX FIDELES 5

29 mars


Chers fidèles,

En ce dimanche, nous entrons dans le temps de la passion. C'est aujourd'hui qu'on couvre des croix, pour manifester que notre jeûne ne concerne que la nourriture, mais qu'il doit aussi toucher des autres sens. Cette croix, désormais voilée devra réapparaître normalement le Vendredi Saint, à la fois avec toute sa splendeur d'un côté et toute la douleur de l'autre. Un signe de l'affront, "un scandale pour des juifs et une folie pour des païens", comme nous dit saint Paul (1 Cor 1, 23), mais aussi un signe de victoire (Vexilla Regis).

L'auteur inspiré de la lettre aux Hébreux nous laisse des paroles un peu étonnantes (épître de ce dimanche) : "Le Christ étant venu comme un grand prêtre des biens à venir, a passé par une tente plus grande et plus parfaite qui n'est pas faite de main d'homme..." C'est la fin de la phrase qui apporte une idée : LE CHRIST VIT ET AGIT, même si l'action sacramentelle du clergé est empêchée. C'est ici que des questions se posent. Et non, il ne s'agit pas de dire, que le culte public, la messe et les sacrements ne sont pas nécessaires : bien au contraire ! Pourtant on peut voir la chose plus largement. Nous sommes tellement habitués à la messe et aux sacrements... Tellement habitués, pour ne pas dire presque ennuyés, tellement habitués à ce sacré "ex opere operato", qui doit toujours marcher, peu importe quelle est ma disposition. Un peu comme si je venais chez un vendeur dans n'importe quel domaine, qu'il me vende son produit, je l'achète, le produit doit marcher. Pas de place pour mon propre engagement. Y a-t-il, peut-être, la même attitude chez moi dans ma vie spirituelle ? Jusqu'à présent je venais à la messe, plus ou moins souvent, pour certains tous les dimanches ou même en semaine. Je venais... Mais... J'étais peut-être comme ces juifs de l'Ancien Testament : je venais, le prêtre faisait son truc à côté, moi j'accomplissais le précepte, la chose était faite, un peu (ou même beaucoup) de manière artisanale : on a besoin - on la réalise. Maintenant je n'ai pas de messe. Cela me donne à réfléchir. Quand je pourrai la retrouver, serai-je plus engagé à la messe ? Et surtout plus priant ? Priant non seulement par la bouche (ce n'est pas difficile), mais avec mon cœur tout entier ? Et encore: avant je venais à la messe. Mais ma prière personnelle : est-ce que je priais en dehors de l'église, le matin et le soir ? Et non seulement avec des formules à réciter, mais avec ma propre parole ? Je pensais peut-être que la messe de dimanche suffisait : je rends à Dieu son denier le dimanche, et le reste n'est que pour César ? Maintenant j'ai plus de temps : je peux et je dois me changer ! L'auteur inspiré dit justement, que Dieu n'a pas besoin (évidemment c'est à voir avec toutes les nuances) de la main de l'homme. Mais moi, l'homme, puis-je dire la même chose de Dieu ? Bonne entrée dans ce temps de la Passion, avec l'assurance des prières de vos abbés.

Abbé J. Kaminski FSSP

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