Confinement : LETTRE AUX FIDELES 9- Samedi Saint

"Dieu est mort. Nous l'avons tué !" (Nietzsche, Le Gai Savoir, section 108, 1882). N'est-il pas étonnant que le prophète de la mort de Dieu et de la religion soit connu grâce à la phrase qui exprime parfaitement la grande vérité de ce jour ? Nous contemplons aujourd'hui Dieu qui est mort, qui s'est caché en quelque sorte du regard de l'homme. Mais est-il vraiment caché ? Non ! Ce n'est pas Dieu qui a voulu se cacher, comme s'il était fâché contre l'homme : c'est l'homme lui-même qui a déclaré, pas explicitement mais de fait par son attitude : "je ne veux pas Te connaître, Tu n'es rien pour moi !" Il n'y a rien de nouveau dans cette affirmation si répandue aujourd'hui : l'homme l'a déjà dit plusieurs fois. On a parfois l'impression que cela arrivait moins souvent dans le passé et que maintenant cela soit plus généralisé. Rien de plus faux ! Le péché existe depuis toujours. "C'est moi le maître, je ferai ma vie comme je veux et non comme Tu veux ! Ta place est là : au tombeau !" 

Quelle est la réaction de Dieu ? Il ne dit rien, il prend sa place... au tombeau. Et Il y reste...  Dieu prépare sa victoire, sa manifestation. Comme s'il n'avait pas entendu ce cri paradoxal : "Combien de fois dois-je Te répéter que je ne crois pas en toi ?" Ce Dieu qui pourtant ne se fatigue pas de pardonner à celui qui est fatigué de demander pardon (Pape François).

"Maintenant tu te sens maître du monde et de toi-même. Mais nous savons, nous deux, et je le dis sans te faire la morale : malgré tout je t'aime et j'attends patiemment le moment de te le manifester."  Hodie afflictus sum valde, sed cras solvam vincula mea. Aujourd'hui je suis très affligé, mais demain je briserai mes liens. (Vêpres du Samedi-Saint)

Abbé J. Kaminski FSSP +

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