Confinement : LETTRE AUX FIDELES 7- Semaine Sainte

Chers fidèles, A la veille de l’entrée dans la Semaine Sainte, semaine la plus importante de l'année liturgique, vous vous posez certainement de nombreuses questions auxquelles nous voudrions répondre. « Je me souviens, et mon âme sur moi s'épanche, je m'avançais sous le toit du Très-Grand, vers la maison de Dieu, parmi les cris de joie, l'action de grâces, la rumeur de la fête. » (Ps 41, 5) On ne peut trouver meilleures paroles pour exprimer nos sentiments par rapport à la grande privation des prochains jours. Comment vivre la fête de Pâques dans les circonstances actuelles ? Qui ne se pose pas cette question ? Comment imaginer Pâques cette année sans les belles cérémonies liturgiques si riches dans leur signification ? Cette fête de Pâques dépouillée de sa splendeur, comme le Christ a été dépouillé de ses vêtements ? La situation actuelle, avec toute sa complexité, exige des réactions qui seront adaptées et qui nous permettrons de vivre mieux la Semaine Sainte en gardant son caractère sacré. La Congrégation du Culte Divin d’un côté et les évêques de Belgique de l’autre ont publié deux instructions (25 mars et 23 mars) qui méritent d’être expliquées et commentées. 1. Pourquoi ne pas transférer la Semaine Sainte ? Le décret du 25.03 rappelle que la fête de Pâques (et par extension la Semaine Sainte) ne peut pas être transférée. Bien que l’explication ne soit pas dans le décret, on peut imaginer quelques motifs : - La Pâque juive était fêtée le 14 du mois de Nisan. Au concile de Nicée, la date de Pâques a été fixée au premier dimanche après la première pleine lune de printemps. Ce choix est causé par une volonté d’avoir une correspondance entre la pâque juive et les mystères de la passion, mort et résurrection du Seigneur, qui, selon les évangélistes, eurent lieu dans les trois jours qui précédent la Pâque juive. - L’année liturgique est centrée sur Pâques, donc on ne peut pas la déplacer, sans déplacer une grande partie du temporal. - Comme au printemps la terre se réveille à la vie, ainsi cette période correspond le mieux pour fêter le passage du Christ de la mort à la vie 2. L’assistance aux cérémonies de la Semaine Sainte est-elle de précepte (d'obligation) ? Pendant des siècles, le nombre de fêtes de précepte augmentait de telle façon que l’observance de toutes ces fêtes était devenue difficile. L’impossibilité de concilier le travail quotidien et l’assistance aux offices qui étaient toujours célébrés le matin a poussé le pape Urbain VIII à réduire le nombre des fêtes de précepte en 1642. Depuis lors on n’est pas obligé d’assister aux cérémonies du Jeudi-Saint, du Vendredi-Saint et du Samedi-Saint. Il n’y a que les dimanches de Pâques et des Rameaux qui sont vraiment de précepte. La décision papale ne change pas le fait que la Semaine Sainte commémore les plus grands mystères de notre salut, il est donc plus qu'opportun d’assister aux liturgies de ces jours. Mais cette année nous en serons privés. 3. Comment allons-nous fêter le dimanche des Rameaux cette année ? Le décret de la Conférence Épiscopale de Belgique précise que les rameaux bénis ne seront mis à disposition ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’église. Il n'y aura donc pas de rameaux bénis cette année pour la raison que ces rameaux font partie de la liturgie du dimanche des Rameaux et que donc leur distribution ne peut pas être détachée de cette liturgie. Les prêtres célébreront la messe de ce dimanche sans bénédiction de rameaux, sans distribution, ni procession. 4. Quand aura lieu la messe chrismale et la bénédiction des Saintes Huiles ? La bénédiction des Saintes Huiles (huile des catéchumènes et huile des infirmes) et la consécration du Saint Chrême auront lieu soit en cercle fermé et seront présidées par l’évêque et quelques prêtres, soit reportées. Les Saintes Huiles seront distribuées après la pandémie selon les directives de chaque diocèse. A Liège, Mgr Delville a choisi de repousser la messe Chrismale à une date ultérieure après le confinement. 5. Quels sont les changements pour le Jeudi-Saint ? Le Saint-Siège accorde ce jour à chaque prêtre un privilège de dire la messe en privé (normalement il n’y a qu’une seule messe ce jour-là et cette messe est toujours publique). Il n'y aura pas de lavement des pieds, ni procession au reposoir. 6. Quels sont les changements pour le Vendredi-Saint et le Samedi-Saint? Le décret du 25 mars précise dans son introduction que « les prêtres célébreront les rites de la Semaine Sainte sans la présence du peuple et dans un endroit approprié ». Cela semble être difficilement applicable pour l’office du Vendredi et Samedi-Saint dans la Forme Extraordinaire. Ces deux cérémonies ne connaissent pas de forme privée, donc elles ne seront pas célébrées. 7. Quelles seront les occupations des prêtres pendant les trois derniers jours de la Semaine Sainte ? L'activité principale des prêtres en temps normal comme en temps de confinement est la prière : célébration de la messe et récitation des psaumes, qu'on appelle la Liturgie des Heures contenue dans un livre qu'on appelle le Bréviaire : c'est la prière publique de l’Eglise et au nom de l’Eglise. Sa prière personnelle (oraison, chapelet, lecture spirituelle...) est aussi une activité quotidienne. Confinement ou pas, le prêtre est donc toujours bien occupé... Normalement, l’assistance aux grandes cérémonies de ces trois jours remplace une partie de la liturgie des heures. Cette année, puisque ces cérémonies n'auront pas lieu, le décret de la Congrégation du Culte Divin nous invite à dire certains offices que nous n'avons jamais dits, comme, par exemple, les Vêpres du Jeudi et du Vendredi-Saint ou les Matines de Pâques. 8. Qu'en est-il de la confession et de la communion pascales ? Il faut distinguer les commandements de Dieu et ceux de l'Eglise : la confession et la communion pascales sont des préceptes du concile Latran IV pour lesquels tous les catholiques sont obligés (commandement de l'Eglise). L’Église a permis de les réaliser entre Mercredi de Cendres et Dimanche de la Trinité (Dimanche après la Pentecôte). On espère que le confinement sera déjà fini. Les commandements de l’Église peuvent être suspendus/changés pour des raisons graves par l'autorité ecclésiastique elle-même. En revanche, il ne peut y avoir de dispenses/suspensions pour des commandements de Dieu, car l’Église n’a pas le pouvoir pour les modifier. Chers fidèles, nous sommes, comme vous, bien conscients que cette Semaine Sainte sans office sera particulièrement douloureuse. Nous redoutons même cette Croix que nous ne connaissons pas pour ne l'avoir jamais vécue... Comment réagir ? Comment la vivre ? La seule et unique réponse satisfaisante est de l'unir à la Croix du Christ. Nous sommes invités, de manière extra-ordinaire à vivre la Passion en ayant, comme jamais, l'opportunité « d'avoir les sentiments qui étaient en Jésus-Christ » (Phil. 2, 5). Reconnaissons-le : comme il nous est difficile de comprendre intimement cette phrase de Saint Paul ! Comme il nous est difficile, voire impossible (car nous ne sommes pas Padre Pio !) de comprendre les souffrances de Jésus pour nous ! D’ailleurs, si nous les comprenions, nous mourrions… Si nous acceptons de vivre cette souffrance en union avec la Passion de Jésus en offrant cette souffrance pour le salut des âmes, la conversion des pécheurs, alors cette Semaine Sainte sera source d'une grande fécondité pour nous, pour l’Eglise et pour le monde. Concrètement, pour ces jours saints, si importants, nous vous invitons à tout lire dans votre missel (cf. lettre du 1er avril). Vous découvrirez, vous approfondirez, d'une manière extra-ordinaire ces cérémonies extraordinaires et en les vivant très intérieurement cette année et beaucoup plus pleinement les années prochaines quand elles vous seront à nouveau proposées. Dans ce sens, c'est une grâce qui vous est donnée. Bien-sûr, vous pourrez aussi suivre les cérémonies à la TV ou sur Internet là où elles seront célébrées et retransmises. Veillez aussi particulièrement au silence pendant ces jours saints. Pas de TV allumée, pas de musique ou seulement de la musique religieuse de circonstance. Pas de séries sur internet etc. N’oubliez pas l'abstinence de viande (qui oblige à partir de 14 ans) et le jeûne du Vendredi-Saint (qui oblige de 18 à 60 ans). Par ailleurs, nous vous encourageons à faire en famille le petit "TP" (travail pratique) suivant : en lisant les 4 récits de la Passion écrits par les 4 évangélistes, regarder ce qui est propre à chacun, et les réunir en un seul pour avoir le récit complet de la Passion. Pour cela, il suffit de prendre votre Bible ou votre missel et de lire le récit de Saint Matthieu (dimanche des Rameaux), le récit de Saint Marc (Mardi-Saint), le récit de Saint Luc (Mercredi-Saint) et celui de Saint Jean (Vendredi-Saint). Répartir entre les membres de la famille la lecture de ces 4 évangiles et mettre en commun ensuite ensemble. Cela vous permettra de bien voir ce qui est propre à chaque évangéliste, ce qui est commun, et finalement d'avoir une vue d'ensemble de la Passion. Vendredi Saint, nous ouvrirons l'église de la Licourt à partir de 13h ainsi que le jardin du presbytère afin que ceux qui le souhaitent puissent faire le chemin de croix à l'église ou dans le jardin. VEILLEZ A NE PAS VENIR TOUS A 15H ce serait faire un rassemblement que nous devons absolument éviter, mais à venir tout au long de l'après-midi dans ces 2 lieux mis à votre disposition. Nous pourrons aussi entendre vos confessions si vous le souhaitez. En espérant avoir répondu à vos questions et donné des pistes pour bien vivre cette Semaine Sainte nous vous assurons de nos prières et nous confions aux vôtres. Merci à tous ceux qui prennent et donnent des nouvelles ! Vos abbés J. Kaminski et L. Baudon de Mony FSSP +

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